Posté par Fabrice Eulry le 16 mai 2012

               

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                                                                                              Jeudi 16 mal 2012

 


WIKIPEDIA

L’encyclopédie internet vient enfin de palier une de ses principales carences, en consacrant une de ses pages à l’oeuvre de votre pianiste préféré. Quel soulagement !

LE PROGRAMME DES CONCERTS

De Fabrice Eulry est mis à jour dans www.fabriceeulry.com

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CONCERTS DANS L’OHIO

Fabrice Eulry jouera pour le festival Piano Arches  à Cincinnati les 9 10 et 11 août en piano solo.

il donnera également dans les jours qui précèdent, un concert en grand orchestre pour les professionnels à l’occasion de la sortie de son disque Twistin’ at Ray’s enregsitré à Cincinnati en novembre dernier.

cincinnati dans musique


ENCORE DU NOUVEAU POUR LES PIANISTES

 

   fabriceaupianoconcertoBientôt téléchargeables en format  pdf : Boogie casscord de l’album Escapade symphonique et Prélude II de J.S.Bach adapté en boogie par Fabrice Eulry ! bach

Fabrice Eulry propose également une partition gratuite et évolutive : Toutes les trois semaines il vous en envoie une nouvelle version pdf en introduisant à chaque fois une petite dose de difficulté supplémentaire. Le morceau s’appelle « Boogie facile ».

Demandez-le : fabriceeulry@yahoo.fr

Voici ce qu’écrit une personne qui vient de le recevoir :

« Merci pour le Boogie. .Je prends beaucoup de plaisir à jouer les accords et à tenter des rythmes et des improvisations. Je sens une grande liberté dans cette approche du piano »


ESCAPADE SYMPHONIQUE

   Le dernier disque de Fabrice Eulry est disponible sur la boutique du site. Enregistré avec l’ensemble symphonique à cordes Accord parfait et le clarinettiste suisse Jacky Milliet, ce disque propose des thèmes instrumentaux de la chanson française arrangés par Fabrice Eulry mais également un nouveau boogie-woogie (Boogie casscorde au cours duquel Fabrice Eulry casse une corde dont le claquement produit une syncope opportune). L’indication du minutage de cet incident vous permet de gagner un autre disque de votre choix. Il vous suffit d’écrire.

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Photo Gérard Demonchy.

 HARRY CONNICK JUNIOR

 Ou comment le pianiste néo-orléanais arrive à transformer la manière française de frapper dans les mains (sur le 1er et 3ème temps) en rebond afro-américain (sur les 2 et 4ème temps). 

   Il faut une grande maîtrise pour faire ça. 
   Je l’ai tenté 4 ou 5 fois l’année dernière.
   J’y suis arrivé une fois seulement. Les autres fois, j’ai renoncé avant de prendre le risque de me vautrer jugeant que je n’étais pas sur de mon coup. 
   La fois où j’ai réussi, j’étais décontracté et j’ai rajouté un temps tout naturellement, en anticipant.
   Je ne l’ai jamais travaillé mais ça vaudrait le coup parce que le publicain France  frappe comme ça 9 concerts sur 10 !

http://www.youtube.com/watch?v=yD3iaURppQw&feature=email



RESONNANCE      

 ACTUALITE DE LA FONDATION

   Cours conférence d’improvisation, entrée libre 24 mai 2012 à la fondation, entrée libre. Avenue plan 9 A, Morges. Suisse. 20 heures.. Tous les pianistes présents (dont Elisabeth Sombart et Fabrice Eulry vous joueront un thème et ses variations. Cours de rattrapage dans les deux qui précédentes pour ceux qui ont raté les cours précédents. OUVERT A TOUS LES AGES ET SANS NOTION DE NIVEAU.  

 A Morges entre Genève et Lausanne, Résonnance, la fondation école d’Elizabeth Sombart,

 elisabethsombartconfidencepourpiano.pngUne vidéo http://www.resonnance.org/pages/resonnance_promotion_video.php

elisabethsombartauliban.png le lien du site :  http://www.resonnance.org/ elisabethsombart1977 Elizabeth Sombart

Sa fondation propose aussi à la maison-mère de Morges (entre Genève et Lausanne) des cours de piano individuels mensuels et gratuits donnés par Fabrice Eulry :l’improvisation et la compréhension de la musique par des moyens qui font le moins possible appel au solfège.






FESTIVAL 

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 PIANO BLUES BOOGIE EN ROMANDIE au bénéfice de la fondation Résonnance

Fabrice Eulry solo le vendredi 9 novembre 2012

 Fabrice Eulry, Lluis Coloma, Ricky Nye Jacky Milliet le samedi 10 novembre 2012

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 Salle Paderewsky Casino de Lausanne le 10 novembre Tarif unique : 40 CHF . N’attendez pas pour réserver ! Contactez  fabriceeulry@yahoo.fr  ou à la fondation Résonnance

Par téléphone 00 41 21 802 64 46 resonnance-ciepr@resonnance.org

 

  


DESORMAIS

    

Chers amis mélomanes,
Vous pouvez désormais aussi acquérir certains de mes albums (même par titre isolé) et certaines de mes partitions, en version numérique !  http://www.fabriceeulry.com dans la rubrique commander ( ou directement le lien de la boutique : http://www.fabriceeulry-laboutique.com )
Sont déjà disponibles les albums suivants :
Et pour tous les pianistes, les partitions suivantes en pdf :
LA METHODE DE BOOGIE-WOOGIE : 2 pdfs séparés : LE PARCOURS -plus de 80 pages, et LES MOTIFS, 
NIGHTMARE BOOGIE
BOB & CIE
BOOGIE ROUSSETTE
DAUPHINE RAG
PRELUDE EN FA MINEUR
LES PETITS DOISNEAU
RAGTIME EUROPHONIQUE
NEIGIDDES
LA MARSEILLAISE


METHODE DE BOOGIE-WOOGIE

Ecrite par Fabrice Eulry

Cet ouvrage comprend :

-Une liste de références discographiques.

-Quelques boogies aisés pour se détendre.

- »Le Parcours » : une partition de 85 pages dont la première moitié est uniquement rythmique, et qui en quelques mois vous permet de maîtriser les bases rythmiques et les mains motifs de main gauche. 

  • -Une fois le parcours maîtrisé, des pistes d’improvisation avec des motifs concrets pour la main droite et des pistes à développer.piano7_1-300x225

Voici l’avis de l’un de vous sur cette méthode :

 

… »Je saisis l’occasion qui m’est donnée pour vous réitérer tous mes remerciements concernant votre méthode d’apprentissage du boogie woogie. Celle-ci constitue un outil de travail exceptionnel, ce d’autant plus qu’il n’existe absolument aucune méthode de travail pour cette musique.

  J’en aborde le derniers tiers. A chaque exercice le plaisir de jouer reste intact. Rien de rébarbatif, bien au contraire. Le tout enrobé d’une redoutable efficacité. Permettez moi de reprendre un leitmotiv de Jean-Luc Petitrenaud dans son émission dominicale « Les escapades de Petitrenaud » lorsque ce dernier congratule les chefs qui ont participé à son émission en leur jettant : « Bravo l’artiste ! ». M. Patrice Matarasso.

Vous pouvez déjà la commander par courrier. Mais elle sera également téléchargeable dans quelques jours !

 

 

              


                                   

TWISTIN’AT RAY’S

Enregistré à Cincinatti, la patrie des King records (James Brown) le prochain disque de Fabrice Eulry est en cours de mixage. 

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HUGO Hugo et SHAKESPEARE Shakespeare1-300x228 

       Chaque langue participe à la richesse de l’humanité. Il est donc insensé d’opposer Shakespeare à Hugo. Le plus sûr moyen de ne tuer ni l’un ni l’autre est de ne pas parler le Shakesgo ou le Hupeare mais de bien parler correctement l’Anglais comme le Français. Les Quebécois nous donnent l’exemple : en effet les cousins insularisés dans un océan d’anglophonie, ont su souvent et sans rancune, faire la part des choses avec créativité.

Quelques idées simplistes :

« Le grignotage du franglais est inéluctable » :

      Dans les années soixante nous disions encore shoot pour tir, ou goal pour gardion de but. Les Québécois pour le plus grand bien des francophones, ont inventé courriel, qui remplace peu à peu email depuis six ou sept ans.

« Le français recule dans le monde » :

     C’est un point de vue parisianniste. C’est en réalité l’influence française qui recule. C’est désormais en Afrique ou au Canada que l’on parle et que l’on écrit le français le plus châtié, et le plus créatif. La population francophone augmente dans le monde. Elle est toujours la deuxième langue en nombre de pays. Le recul correspond au recul historique de la France dans le monde, mais ce recul s’est déjà découplé avec celui de la francophonie à mesure que l’influence française s’amenuise. Au fur et à mesure de ce découplage, d’autres foyers de la francophonie prennent le relais.

« L’Anglais prédomine et prédominera plus que jamais »  :

Attention encore au nombrilisme qu’ils soit parisien, continental, ou occidental : l’Anglais recule en proportion de la population mondiale. L’espagnol est depuis les années 2000 la langue maternelle la plus répandue.  De plus on confond souvent la langue de Shakespeare avec le Globish celle des marchés financiers dominants Wall street et de la City. Un changement du centre de gravité financier mondial peut tout changer dans de brefs délais.

« Les mots anglais enrichissent la langue française » :

      Certes, ils le devraient, mais très souvent c’est la substitution pure et simple : timing à la place d’horaire, team à la place d’équipe,  ou pis, la substitution réductrice : « il est cool » peut vouloir dire « il est calme », « il est rigolo » « coulant », et par euphémisme « mou », « lent », « complaisant »… déjà ici six nuances que ke français offre et que l’on s’interdit, parfois à dessein, pour s’exprimer sans s’exposer. Exemple typique de reproche non assumé fait à un employé en retard : « C’est pas vraiment cool*, faut faire un peu gaffe au timing ».  En français : « Ce n’est pas sérieux, faites attention à l’heure désormais » paraît raide dans un monde où l’on n’ose plus appeler un chat un chat, et dans lequel le narcissisme ordonne de donner image sympathique à n’importe quel prix, 

      Le franglais, virus décliné du globish assigné à la francophonie, a donc non seulement pour conséquence de détruire la langue en gommant les nuances, mais aussi d’offrir un instrument de manipulation à un degré que le français n’avait jamais proposé.

*On notera ici que cool se traduit par « sérieux » ! Soit un sens différent parfois même opposé aux six premières nuances proposées ! Le franglais permet donc de dire tout et son contraire, tout en s’exprimant de manière unilatérale (pour soi uniquement). Comme langage il n’est donc pas un lien de partage, mais un lien de pouvoir ou au mieux, d’esquive de la relation. Il est l’anti-matière du français, et comme par hasard cette prédation se retrouve dans les intérêts de ceux qui répandent et promeuvent le globish qui nivelle les cultures, puisque c’est aussi la langue des adorateurs du veau d’or.

« Les mots anglais détruisent la langue française » :

 

scottjoplin Quelques contre-exemples : certains mots n’ont pas d’équivalent français : tempo, pizzicato, témoignent de la créativité Italienne  à la Renaissance. Ragtime (ci-contre, Scott Joplin) Blues, swing gospel, spiritual témoignent de la créativité afro-américaine au XXème siècle. Ni Québécois, ni nous, ne cherchons à les franciser, et nous aurions tort certainement, car il portent en eux l’histoire de l’apport extérieur non agressif mais plutôt avenant, de caractère artistique, donc universel ou du moins partageable. Ce ne sont pas des mots de franglais et fonts partie du vocabulaire francophone comme restaurant est au patrimoine de la langue Shakespeare Nous sommes si reconnaissants de ces dons, que malgré notre accent nous les conjuguons parfois dans la langue d’origine ! : un swing des swing, un tempo des tempo. F.E.

Laissons à présent la parole aux cousins :

 Voici, ce que nous relate le Québécois Michel Brûlé dans son dernier ouvrage : michel_brule

 

 

« … il nous faut pour cela remonter en 1066, à l’époque où Guillaume le Conquérant, Duc de Normandie, monte sur le trône d’Angleterre à l’issue de la bataille d’Hastings qui l’oppose à Harold Godwinson, le dernier roi anglo-saxon de la perfide Albion. Une fois couronné, Guillaume impose le franco-normand comme langue officielle en lieu et place de l’anglo-saxon qui reste néanmoins la langue maternelle de la paysannerie anglaise. Pendant près de trois siècles, la monarchie et la noblesse anglaises ne parleront que le Français. En 1328, Charles IV, dernier roi de la dynastie capétienne, meurt sans héritier mâle. La crise de succession, qui oppose Edouard III d’Angleterre et Philippe VI de Valois auquel le trône échoira finalement, débouchera sur la Guerre de Cent Ans pendant laquelle deux rois francophones n’auront de cesse de se disputer le royaume de France.

Durant cette période naquit de part et d’autre de la Manche un certain patriotisme, qui se manifesta en Angleterre par le refus croissant de la bourgeoisie d’utiliser le Français dans les actes de justice ainsi qu’à l’Université. L’Anglais moderne apparut donc dans le courant du XVème siècle et résulta de la fusion progressive du franco-normand et de l’anglo-saxon. A cet effet, on remarquera qu’environ 29% des mots en Anglais sont directement issus de la langue française, laquelle reste à ce jour, la source principale de la langue anglaise devant le latin (28%), les langues germaniques (25%, y compris le vieil anglais) et le grec (5%).

C’est concomitamment au déroulement de la Guerre de Cent Ans que le « je » en Anglais aurait basculé de la forme minuscule à la forme majuscule (le fameux « I »). De plus, alors qu’à l’origine « you » signifiait « vous » et « thou » signifiait « tu », le « thou » a fini par disparaitre pour ne plus laisser que le « you », non pas signe de nos jours de vouvoiement universel mais de tutoiement universel si l’on en juge par la familiarité avec laquelle les Anglo-Saxons s’adressent parfois à leurs interlocuteurs. Brûlé considère que l’alliance de l’hypertrophie du « je » et de l’atrophie, voire de l’inexistence du « vous » en anglais, est propice à faire de cette langue une « langue irrémédiablement vouée à l’impérialisme et à l’ethnocentrisme ». On aura bien sûr compris que l’auteur, en fustigeant la déconsidération de l’autre dans la langue anglaise, s’efforce de démontrer que cette dernière prédispose les anglophones à l’impérialisme et à l’ethnocentrisme.

La langue elle-même n’est que l’instrument principal par lequel une puissance impérialiste (ici, la sphère anglo-américaine) assoit peu à peu sa domination culturelle. La structure d’une langue déterminant les structures mentales de ses locuteurs maternels, elle ne saurait constituer qu’un simple instrument de communication neutre. Comme le fit remarquer le linguiste français Georges Mounin, « chaque langue reflète et véhicule un vision du monde ». Il y a donc en théorie autant de visions du monde irréductibles l’une à l’autre qu’il existe de langues vivantes. »

                                                                                  

L’INSPIRATION

      

Il sera désormais difficile à trouver dans un paysage vierge de toute publicité, qu’il soit urbain ou rural. Ainsi en ont décidé une multinationale, La mairie de Paris et le gouvernement, et même le conseil d’Etat.     

Communiqué de Paysages de France

Association agréée dans le cadre national au titre du Code de l’environnement,

indépendante des pouvoirs économique et politique

www.paysagesdefrance.org

Contact presse : 06 82 76 55 84

DÉCRET AFFICHAGE : LE GRENELLE ASSASSINÉ

Le « décret affichage » a été publié comme prévu au JO du 30 janvier 2012. Le dépeçage annoncé par Paysages de France est confirmé. La responsabilité de cet assassinat incombe directement à un gouvernement qui s’est fait le complice attentif du travail de sape poursuivi par les afficheurs depuis plus d’un an.

 

Ce décret, qui aurait pu être l’outil permettant de mettre fin aux débordements insensés de l’affichage publicitaire en France et dont certaines mesures proposées dans le projet présenté en décembre 2010 par le ministère de l’Écologie allaient dans le bon sens, a, depuis, été vidé progressivement des avancées qu’il comportait et réécrit au seul bénéfice des groupes de pression économique.

  • Lire le communiqué du 11 janvier 2012 : lien en bas du communiqué
  • Lire le décret : lien en bas du communiqué

Communiqué de Paysages de France

Association agréée dans le cadre national au titre du Code de l’environnement,

indépendante des pouvoirs économique et politique

L’enjeu environnemental, qui était la raison même du Grenelle de l’affichage, a donc fini par passer complètement à la trappe.

 

C’est ainsi, par exemple, qu’aujourd’hui pourront continuer à être installés massivement :

Des centaines de milliers de panneaux publicitaires scellés au sol « 4X3″ (l’un des pires symboles du mal que le décret était censé guérir) :

  • dans le paysage quotidien de 40 millions de Français avec, notamment, le rétablissement, à la demande des afficheurs, d’une dérogation qui, à elle seule, est la cause de l’essentiel de la pollution contre laquelle la ministre de l’Écologie était partie en guerre en 2008…

et cela jusque dans :

 

  • les parcs naturels régionaux (PNR),
  • les secteurs sauvegardés,
  • le champ de visibilité des monuments historiques,
  • les zones de protection du patrimoine urbain et paysager, etc.

Des enseignes murales géantes (qui sont l’une des causes de l’ « abomination » des entrées de ville à la française)

C’est ainsi que pourront être installée quasiment sans frein :

 

  • des publicités vidéos et numériques sur écran géant, y compris scellées au sol
  • des publicités de surface illimitée
         Si cet article vous met en colère, et que vous n’aimiez pas le rock vous commencez quand même à comprendre pourquoi il existe : quand on n’a plus que Big brocher comme source d’inspiration, ceux qui font du rock prouvent qu’il reste encore des êtres humains. « Hold on, Big brother is on the phone » © Fabrice Eulry 

Iggy Pop et Fabrice Eulry Fabrice Eulry et Iggy Pop

Le Conseil d’État a-t-il été « obligé » de valider le décret scélérat ?

Le Conseil d’État, qui a examiné ce projet vendredi 26 janvier 2012, a-t-il bénéficié de tout le temps nécessaire pour étudier un projet d’une telle complexité, d’une telle ampleur et aux enjeux aussi forts ? Pour mesurer l’ampleur des pressions, et même du chantage exercé par certains professionnels ? Et inversement, pour mesurer la demande sociale, laquelle s’était pourtant fortement exprimée en février 2011 ?

Trois années de concertation « bidon »

Certainement pas, car le gouvernement, après des années de concertation « bidon », a fait en sorte que cet examen par le Conseil d’État intervienne dans l’urgence et, pour un tel texte, en un temps record et, partant, dans des conditions assurément indignes d’un État de droit.

Avec l’appui de Bercy

Une chose est certaine, Bercy (autrement dit, le ministère de l’Économie) aura systématiquement apporté sa contribution aux offensives conduites en vue de dépecer le projet et ce jusqu’au dernier moment, dans l’enceinte du Conseil d’État, où ses représentants tentaient encore, voici quelques jours, d’arracher quelques nouvelles avancées…pour les afficheurs, et où les afficheurs eux-mêmes continuaient leur travail.

Ainsi, mis à part les observations de Paysages de France, dont la qualité la a pourtant été saluée par le Conseil d’Etat, c’est en définitive le projet de l’afficheur JCDecaux et de l’Union de la publicité extérieure (UPE), organisation regroupant notamment JCDECAUX, CLEAR CHANNEL et CBS, que le Conseil d’État aura examiné.

Face à cette situation, il ne reste donc plus qu’à attendre le départ d’un gouvernement qui a permis une telle imposture et un tel désastre environnemental, et à faire en sorte que celui qui le remplacera remettra sans délai en chantier ce décret honteux.

* « (…) le projet suscite la « stupéfaction » de l’Union de la publicité extérieure (UPE) (…) Le texte est beaucoup plus restrictif que prévu, explique Stéphane Dottelonde, président de l’UPE. « 90% des dispositifs publicitaires sont menacés si le texte est appliqué en l’état. » Le secteur en sortirait fortement affaibli, avec à la clé la perte de 15.000 emplois directs et indirects qu’il génère, selon l’UPE. » Le Figaro, 11 mars 2011. « Et c’est la fourchette basse ! », aurait même précisé, selon Libération du 11 mars 2011, le président de l’UPE.

« Ce projet de décret organise l’éradication d’une profession et dans son sillage la mort de PME – PMI, d’entreprises nationales et va conduire à faire grandir les rangs de demandeurs d’emploi dans les mois à venir. » Message du 11 mars 2011 d’Emmanuel DUPONT, alors président du Syndicat national de la publicité extérieure (SNPE) à une sélection de députés à qui était adressée une question écrite clé en mains à poser à la ministre de l’Écologie

** Selon Le Canard enchaîné du 1er juin 2011, jamais démenti par l’afficheur JCDECAUX, « les gens de Decaux ont littéralement tenu [le] stylo pour écrire le décret. Dès qu’un truc ne leur plaisait pas, ils [le] faisait réécrire »

 

http://paysagesdefrance.org/spip.php?article451

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=?cidTexte=JORFTEXT000025240851&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id<http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=?cidTexte=JORFTEXT000025240851&amp;dateTexte=&amp;oldAction=rechJO&amp;categorieLien=id>

 - Oui mais euh… c’est p’tet ‘que ça doit être bon pour l’économie, qu’il y ait toujours plus de publicité ?

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-D’accord d’accord… je ne discute pas avec les prix Nobel, mais je pars trouver l’inspiration musicale dans ces pays « économiquement arriérés » (pouah !) où la publicité n’envahit pas tout. Tiens la Suisse par exemple :

 

 

TRAVERSEZ L’ANNEE DE « LA FIN DU MONDE »…

… avec des vidéos gratuites de Fabrice Eulry qui remontent le moral.

  A VIVEMENT DIMANCHE

FRICTION POUR PHILLIPE BOUVARD !

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et bise sur le troième temps pour Anne Roumanoff sur le troisième temps c’est sur cette vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=k5f1YcxYXKM&feature=related

TERRASSA FESTIVAL EN CATALOGNE BOOGIE-WOOGIE FINAL A 8 MAINS

http://www.youtube.com/watch?v=sehILXSTz9w 

LES COPAINS D’ABORD

http://www.youtube.com/watch?v=Th-0Di4K6vY&feature=related

http://www.youtube.com/watch?v=6uQdsuZZVvE&feature=related  LE VOL DU BOURDON 

http://www.youtube.com/watch?v=jDJW0kFGC4A&feature=related   WHEN THE SAINTS

http://www.youtube.com/watch?v=yxiBNBP5SH8&feature=related FABRICE EULRY ET IGGY POP LES FEUILLES MORTES

http://www.youtube.com/watch?v=cZAavyX1Shg   FABRICE EULRY IGGY POP ET CATHERINE RINGER

http://www.youtube.com/watch?v=4QQ7VnNeu4M  FABRICE EULRY MARATHON LA DERNIERE MINUTE DES 24 HEURES DE PIANO

http://www.youtube.com/watch?feature=endscreen&v=dDcnH1clqjU  IIGGY POP FABRICE .EULRY ET AYO NE ME QUITTE PAS

Iggy Pop et Fabrice Eulry

 

 

                       

 

                                               

 

 Iggy Pop et Fabrice Eulry

 

 

                                                  

L’HISTOIRE DE FRANCE EN CHANTANT

 DISPONIBLE EN LIBRAIRIE !

- Librairie Notre-Dame de France 21 rue Monge 75005 Paris. Ouverte de 15h à 19h. les lundi et de 10h.30 à 19h. du mardi au samedi

Toute l’histoire de France en 1h.20 en récit et chansons originales de Fabrice Eulry L'histoire de france en chantant 

PIERRE SIBILLE ET BLUES’UP

Souvenez-vous c’était il y a tout juste deux ans lors de la création de mon premier concerto pour piano à la salle Cortot.  Parmi les compositeurs français en mouvement présent à cette soirée, nous avions entendu Pierre Sibille. Ce documentaire en noir et blanc,est un témoignage de l’épopée sénégalaise de Blues’up, le collectif qu’il a fondé.

Les musiciens se gardent ici de donner leur avis politique, et même si ils ne cherchent pas à mettre les choses en perspective, le documentaire nous restitue une parcelle de vérité par l’émotion qui émane de leur vécu, très loin des propagandes médiatiques.

Merci à eux et bonne chance aux collègues Sénégalais, qui perpétuent l’esprit du blues par l’espoir que leur élan vital constitue au milieu du chaos. Vive la France vive le Sénégal et vive les peuples. F.E.

Pour voir ce documentaire intitulé « On est ensemble »

Cliquez ici

                                          

PHILIPPE BAS NOUS QUITTE

Pour le souvenir son site internet.

http://www.pianostride.com

C’est aussi une perte pour la musique qu’il si bien servie en jouant inlassablement dans la rue sur son petit piano durant des décennies, dans les rues de Paris, en accompagnant notamment Olivier Franc. Ces dernières semaines, l’on pouvait entendre Philippe Bas à la terrasse du Petit-journal Montparnasse qu’il remplissait de mélomanes dès que sa main gauche se déchaînait.

Tu a servi la musique libre comme un manouche, loin des circuits mondains qui ne t’intéressaient pas, dans la chaleur et la simplicité des pianos-bars et de la rue. Je prie pour qu’elle te rende éternellement ce cadeau unique que tu as donné à des milliers de gens. F.E.

FABRICE EULRY A CINCINNATI (21/11/2011)

Trois séances ont été nécessaires pour enregistrer les 14 titres du nouveau disque Twistin’ at Ray’s avec les références à la musique de Ray Charles.

cincinnati

      FABRICE EULRY A NEWPORT (14/11/2011)

Ce 5 novembre 2011 après le festival de la veille, je dois louer une voiture pour me rendre à d’Iowa city à Cincinatti : Chase Garett me propose de me conduire et de partir le matin; c’est à 8 heures de voiture, une paille après la soirée de la veille. “Avec un peu de chance me dit Chase, Nous arriverons à temps pour le Boogie summit de Newport (Kentucky) juste séparé de Cincinatti par l’Ohio river. C’est le festival de Ricky Nye. Accompagnés par Andrew Elias à qui nous devont les photos, nous arrivâmes quelques minutes avant et Ricky Nye en pleura de joie. Bien sûr, il souhaita que nous soyons les invités surprises du festival. Le voici en coulisse une minute avant l’entrée en scène nous donnant le déroulement de la soirée (de gauche à droite Ricky Nye, Fabrice Eulry, Andy Smith, Chase Garrett),

rickyfabchaseandychase.pngpuis téléphonant à sa fille Lara

qui vit au Texas pour lui jouer Joyeux anniversaire avec tout le choeur du public,

rickytellararickyquartet.png …puis avec son quartet.

Après cette introduction STEPHANIE TRICK a joué des morceaux de Fats Waller et James P.Johnson.

strick.pngJE N’AI JAMAIS ENTENDU JOUER CETTE MUSIQUE AVEC AUTANT DE FLUIDITE PAR DES GENS ACTUELLEMENT VIVANTS. Pour cette raison quand elle m’a invité pour un duo, j’ai d’abord pris le micro (ci-dessous) et expliqué au public qu’il fallait lui faire une ovation debout. Il ne s’est pas fait prier.

demandedovationdeboutpourstMes trente années de métier, ou mes quarante de piano, furent insuffisants pour

émousser l’impression que m’ont procurée la grâce et le talent de cette pianiste qui pourrait pourtant être ma fille.

Donc pour compléter l’affaire et que le public soit comblé, je n’avais juste qu’à faire le clown, histoire que Fats Waller soit totalement à l’honneur.

J’insiste bien pour que vous compreniez : la musique de Stephanie Trick est exceptionnelle.

cabot duostephaniefabrice

Un petit mot d’un d’entre vous chers amis mélomanes, M. Stephen Blonc, concernant Stephanie Trick : « Pour rejoindre votre commentaire sur votre site : la première vidéo que j’ai vu d’elle sur youtube (il y a 3 ans) était son interprétation de Fingerbraker de Jelly Roll Morton (enregistré le 17 Novembre 2007 au 21ème festival de West Coast Ragtime à Sacramento), morceau ô combien difficile ! J’en suis resté bouche bée !!!  »

http://www.youtube.com/watch?v=jjM7ialHdWk

 

FABRICE EULRY A IOWA CITY 4/11/2011

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 Au théâtre ENGLERT pour un festival de boogie-woogie (ici l’affiche du festival 2010)

 Ce festival est organisé par Chase Garrett chasegarrett3.png a reçu, ce 4 novembre 2011, 700 spectateurs. Voici un extrait de l’article du Daily Iowan :

The final musician joining Garrett is Fabrice EULRY from Paris. When Garrett first played with the pianist, he was awestruck by Eulry’s style. « I ended up almost making a fool of myself because I almost tried to overdo whet I could do, » Garrett said. « I was just so in awe. »Eulry didn’t seem to consider Garrett foolish, though, and he was struck by the way Garrett played.

« Chase Garrett is very talented, and what surprised me the first time I listened to him was not the fact that he was young — half my age — but the fact that you forget it when he plays, » Eulry said.

 Deux ovations debout après le duo avec Carl Sonny Leyland et après le boogie expiatoire. J’ai fait beaucoup de dédicaces dont à une famille française qui vit là et fait de la recherche à l’univesité depuis quinze ans.

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 Chase Garrett était très heureux et nous avons finit par un souper-buffet au treizième étage de la tour de l’hôtel avec piano et vue sur Iowa city. Parmi les amateurs de cet après-concert informel, un super crooner que j’ai accompagné sur du Duke Ellington et des quatre mains avec les copains regardait les paroles sur son Ipad quand il avait un trou et nous avons fait quelques quatre mains avec Carl Sonny Leyland.

Nous partons dans le Kentucky dès le lendemain matin avec Chase pour arriver à faire la surprise à Ricky Nye qui finit son festival le soir (5 novembre). Tout le monde était heureux et veux me revoir l’année prochaine.

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Chase Garrett, Iowa.

 

FABRICE EULRY A LAS VEGAS

 

fabrice et son piano foulasvegas.png Assiste dans la fosse d’orchestre (juste en invité) à la comédie musicale Phantom of the opera au Venitian (juste en invité)  

 phantom.png fut un point de vue et d’entente idéal pour écouter l’orchestration de l’écriture de Lloyd Weber, le compositeur le plus plebiscité de ces trentes dernières années en matière de comédies musicales pour lesquelles il fait mouche à tous les coups, de Jesus-Christ superstar (1970) à Cats (1978). Invité par la clarinettiste et pianiste D Gause Snelson qui utilise aussi pour cette partition la clarinette basse, la clarinette en si b dgausesnelson.png  celle en mi b, minuscule très à l’aise dans les suraigües. Elle est par ailleurs compositrice et m’a joué une de ses oeuvres  (avec un très beau toucher au piano).   

 

OUEST-FRANCE S’ENFLAMME

… pour le spectacle « Fabrice Eulry et son piano fou ».

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Fabrice-Eulry-l-art-du-swing-humoristique-_61293-avd-20110925-61338980_actuLocale.Htm

 

 

leretoura2mains.jpg 

 

«  - Alors il te plaît ce DVD de Fabrice Eulry ?

- Je trouve qu’il a incontestablement perdu de sa virtuosité depuis son accident à la main droite l’hiver dernier .

- Arrête ton vice ! C’est une vidéo de 2003 ! « 

 


EXEMPLE A SUIVRE PAR NOS PUISSANTS

  Diego Della Valle un héros du XXIème siècle

        Les journées du patrimoine comme la fête de la musique ce devrait tout les jours. Aurait-elle inspiré les compositeurs et le prix du même nom si elle partait en poussière ? Le journal Le Point nous apprend que le Colisée est en péril dans un article positif de Dominique Dunglas dont voici un extrait :

… La pollution transforme le carbonate de calcium en sulfate de calcium, et le phénomène crée des métastases minérales. « En outre, le monument a subi un tremblement de terre en 443, explique l’archéologue de la surintendance, Rossella Rea. Il a été dépouillé de ses armatures métalliques et de nombreux blocs de travertin, puis fragilisé par le percement du métro. Sans les éperons de brique construits au XVIIIe, il se serait déjà écroulé. » Noirci par les gaz d’échappement, le Colisée souffre aussi de son succès : 5 millions de visiteurs par an. Un système de grilles fait de vulgaires

colise.png tubes d’échafaudage fut installé dans les années quatre-vingt au rez-de-chaussée et au premier étage pour canaliser les flux de visiteurs. Toilettes, billetterie, boutique et bureaux occupent 20 % de la superficie et sont autant de corps étrangers qui dénaturent le monument. Le Colisée est devenu une usine à gaz fardée de noir crasseux et tombant en morceaux.

« Une obsession, un cauchemar », pour Gianni Alemanno, le maire de Rome, qui ne dispose que de 500 000 euros par an à consacrer au symbole de sa ville et de son pays. Il se lance alors à la recherche des 25 millions nécessaires pour sauver le monument. On le croit au Japon en train de courtiser les sponsors nippons, mais c’est avec Diego Della Valle qu’il traite. Et, en deux heures, le patron de Tod’s accepte de s’engager. À une seule condition, toutefois : il ne veut pas entendre parler de tour de table d’entrepreneurs et prend toute l’enveloppe à sa charge. « Je ne voulais pas de partenaires, pour éviter que l’image du Colisée soit utilisée pour faire de la promotion. » Pas de mocassins géants suspendus aux colonnes corinthiennes, ioniques et doriques, pas de logo Tod’s sur les billets d’entrée, pas de plaques à la gloire du bienfaiteur. Et, si le mécène garde pendant quinze ans l’exclusivité de la communication sur les travaux de rénovation, c’est une fondation intitulée Les Amis du Colisée qui apparaîtra, pas Tod’s. « Nous sommes un grand groupe qui marche bien et qui vit de l’image de l’Italie, l’Italie de l’art et de l’excellence. En cette période de crise, les gens simples ont besoin de gestes de solidarité. Si les entreprises ne font rien, pourquoi continueraient-ils à acheter nos produits ? Et puis, je peux mourir dans cinq minutes. Avoir ouvert 50 magasins de plus ou de moins ne donnera pas davantage de sens à ma vie. Restaurer le Colisée, si. Je considère que c’est un devoir, et je vous avoue que ça me procure une intense satisfaction. »

Fascinantes entrailles

Les 25 millions de Diego Della Valle

 dellavalle.png

serviront donc à nettoyer la pierre de son cancer à l’aide d’une nébulisation d’eau sans solvants, de brosses et d’huile de coude, à remplacer 84 grilles, à consolider les voûtes, à créer à proximité de l’arc de Constantin un espace enterré regroupant tous les services et à ouvrir au public les fascinantes entrailles de l’amphithéâtre, d’où surgissaient fauves et gladiateurs. Revenu à sa blancheur originelle et débarrassé de ses scories, le vieux colosse retrouvera une seconde jeunesse.

Une bonne action… qui paie. « Della Valle a fait une formidable opération, explique un expert en marketing. Aujourd’hui, Della Valle est pour le monde entier le sauveur du Colisée, un des joyaux de l’humanité. Telecom Italia débourse 20 millions pour figurer pendant un an sur le capot d’une Formule 1 de Ferrari, Della Valle a payé 25 millions pour être associé pendant quinze ans au Colisée. Un exemple d’intelligence culturelle et de flair. Il n’y a aucun mal à ça, et je souhaite que d’autres l’imitent. »

Pompéi se meurt

À Pompéi, par exemple, l’autre grand malade du patrimoine transalpin. Là encore, c’est un écroulement, celui de la maison des Gladiateurs, en novembre 2010, qui a alerté la planète sur la dégradation du plus grand site archéologique du monde. « Le terre-plein qui domine la maison des Gladiateurs a été imperméabilisé sans système de drainage, explique l’architecte Antonio Irlando, de l’ONG Observatoire archéologique. Il peut s’écrouler à tout moment sur les autres maisons de la voie de l’Abondance, les Champs-Élysées de Pompéi. » À ces mots, Mario, un des guides du site, se gratte discrètement les testicules. Vieille technique napolitaine pour éloigner le mauvais oeil. « Partout, le crépi se décolle par plaques, s’insurge Irlando. Or, c’est le crépi, avec ses couleurs, dont le rouge pompéien, qui donne la perception de la vie qui s’est déroulée dans ces murs il y a plus de 2 000 ans. Sans crépi, Pompéi n’est qu’une ruine muette. »

Il y a trente ans, 98 ouvriers permanents, maçons, mosaïstes, ferronniers, travaillaient sur le site. Ils avaient les compétences et étaient les sentinelles des dégradations. Aujourd’hui, pour cause de restrictions de personnel, il n’en reste que quatre et… un seul archéologue. « Depuis la découverte du site, 90 % des peintures et des mosaïques de Pompéi ont disparu, et les restantes sont à risques », témoigne l’archéologue Luciana Jacobelli. Pour dénoncer ce scandale, un journaliste du quotidien napolitain Il Mattino a récupéré en 2010 une partie des mosaïques de la fontaine de la Vigne, tombées à terre. Lorsqu’il les a rapportées à la surintendance, personne ne s’était aperçu de rien.

Pierres de tuffeau :

Pour les touristes poursuivis par des chiens errants faméliques, la visite se réduit comme peau de chagrin. « Que visite-t-on ? demande une dame qui a bûché le Guide bleu. La maison des Vettii ou la villa de Julia Felix ? Les thermes stabiens ou les thermes suburbains ? » « Tout est fermé », répond Mario. Dans les années cinquante, le public pouvait visiter 62 des plus belles maisons de Pompéi. Aujourd’hui, leur nombre se compte sur les doigts d’une seule main. Une file d’attente : nous sommes devant le lupanar, le must de la visite de Pompéi. « Pour protéger les peintures, pas de flash et pas plus de dix personnes à la fois », indique un panneau. Voilà enfin l’amphithéâtre. La magistrature vient de le mettre sous séquestre pour le coût exorbitant de sa rénovation, 6 millions, au lieu des 500 000 euros prévus. Ses gradins ont été reconstruits sur une base en ciment avec de grossières pierres de tuffeau qui évoquent les constructions illégales du sud de la péninsule… ou le théâtre d’été d’un club de vacances.

1 932 ans après l’éruption du Vésuve et la miraculeuse conservation du lieu, Pompéi meurt une seconde fois. Le problème n’est pas nouveau. En 1775, le Divin Marquis s’exclamait déjà devant ces ruines : « Pourquoi le ciel confie-t-il de telles richesses en les mains de gens aussi peu capables de les apprécier ? » En 2008, le site fut confié aux pouvoirs extraordinaires de la Protection civile. Mais, au lieu d’engager des travaux de conservation, c’est une politique de « valorisation » qui a été mise en place. « La nouvelle administration a voulu un retour d’image immédiat, explique Maria Pia Guermandi, d’Italia Nostra, une ONG engagée dans la défense du patrimoine. Or, colmater le crépi, recoller les mosaïques, réparer des plafonds, ça ne se voit pas. Elle préfère installer des hologrammes, organiser des soirées à thème. La manutention se voit sur dix ans, et dix ans, c’est trop long pour des administrateurs, qui raisonnent en termes de mandats électoraux. »

Dépenses somptuaires

Certes, l’argent est le nerf de la guerre, mais pendant les trois ans de gestion de la Protection civile, l’État a dépensé 78 millions d’euros. Une liste de dépenses qui ressemble à un inventaire de l’inutile. Bouteilles de vin étiquetées « Villa des Mystères », site internet sur lequel le personnage d’une fresque antique s’anime et chante le tube disco I Will Survive, « soirée mozzarella » et dépenses somptuaires pour une visite de Berlusconi… qui n’est jamais venu. L’État n’a eu ni l’efficacité du privé ni les vertus que l’on espère du service public.

Pompéi attend son Diego Della Valle.

Dominique Dunglas

Pompeï seulement ?

F.E.

EXEMPLE DE CHOC CULTUREL MUSICAL

Un exemple de choc culturel musical. Voici un article très intéressant, surtout si vous aimez le baroque ou la liturgie ou les civilisations sud-américaines. De plus, si la musique catholique de Vatican II vous laisse sur votre faim, vous verrez moins cela comme une fatalité.

http://chiesa.espresso.repubblica.it/articlo/1350137/fr=y

 

CHANSONS PRESIDENTIABLES

Maris Busato et le trompettiste Julien Silvand, nous écrivent ceci :
mariebusato3.png
Bonjour à vous tous,

Veuillez découvrir sur nos sites nos deux nouvelles chansons:
« So Sade », chanson contre l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste.
« L’attente de la bonne nouvelle »: allez chiche, on y croit!…

Voilà notre façon à nous de tendre une banderole, de mettre notre grain de sel dans le débat actuel.
Voici donc nos deux chansons présidentiables:

www.mariebusato.com
www.soi-meme-productions.fr/marie.html

Si vous voulez en savoir plus sur le gaz de schiste,
Cliquez ici
Et ici

Si vous voulez vous engager davantage,

Signez la pétition

Bonne écoute, n’hésitez pas à diffuser largement ce mail, que nos chansons explorent beaucoup d’oreilles.

Marie BUSATO et Julien SILVAND

juliensilvand@gmail.com - 06.84.92.63.82

 

mariebusato2.png

http://www.mariebusato.com/

A découvrir également le film Gazland qui décrit les corruptions opérées par les grands groupes, et montre l’étendue des dégâts sur l’eau l’air, et le paysage, occasionnés par le gaz de schiste depuis six ans aux Etats-unis. Un film tourné par un excellent joueur de banjo. F.E.


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ENTREVUE AVEC MARC LAFERRIERE

Posté par Fabrice Eulry le 1 février 2010

                                                                 Entrevue avec Marc Laferrière

                                                                                                                                                 

  eulry1.jpg En écoutant l’album de ton jubilé (50 ans de carrière musicale en 2006)  je me régale autant que tu as du le faire en sélectionnant ces enregistrements qui retracent ton parcours.

 marclaferrireparboss1.bmp  Bien entendu, je n’ai pas à me plaindre : 75 ans d’âge, et encore maintenant près de soixante concerts par an (plus d’un par semaine !), la vie est belle et bien remplie . Et puis il y aussi les rencontres : avec des publics différents et toujours nouveaux, avec des régions et des pays, des mentalités à découvrir, et le plus passionnant, les rencontres avec des musiciens que j’estime, que j’admire, parfois que j’aime et avec lesquels il y a l’entente, la communication, la discussion musicale sur l’estrade avec le public pour témoin est un réel bonheur ; je pense à toi Fabrice, à Daniel Huck…

ENTREVUE AVEC MARC LAFERRIERE dans musique caveaudelahuchettenuit Le caveau de la Huchette où l’on danse tous les soirs depuis 1948.

… à Irakli, Stéphane Guérault, à mon fils Stan, à notre Jacky Milliet, à Aurèlie Tropez, étonnante clarinettiste, à l’ami Boss Quéraud, bien sûr, Alain Bouchet, et tant d’autres rencontrés occasionnellement et dont je ne sais même pas le nom… Oui, tout cela est positif…

eulry1.jpg Mais… je sens poindre une réserve…

  marclaferrireparboss1.bmpTout n’est pas si rose, j’ai quelques sujets d’agacement…. Le principal réside dans le fait que le jazz classique, ( Nouvelle Orléans, Boogie, Ragtime, Dixieland, Swing, etc… ) est complètement déconsidéré par les critiques « officiels », par les responsables de festivals, par les cols blancs de la culture décideurs des subventions. Le sommet du mépris à été atteint il y a quelques temps par un célèbre festival de Jazz du sud-ouest qui tout en se targuant d’eclectisme, avait décidé d’un tarif inférieur de plus d’un tiers pour tous les accompagnateurs qui jouaient « vieux style », par rapport à ceux qui jouaient « moderne » ou de la musique dite de création ! Quelle connerie, quelle méconnaissance de la musique, comme si les musiciens de jazz classique, qui ont inventé ce fabuleux moyen d’expression qu’est l’improvisation collective, sur les harmonies d’un thème donné, n’étaient pas des créateurs !!! Mais qu’est-ce que cela veut dire ? Sinon que dans le domaine du jazz, l’incompétence de ces petits barons des salons parisiens est au pouvoir. C’est lamentable et cela démontre l’inculture des responsables, voire leur malveillance.

eulry1.jpg Ca commence fort, tu es plus en forme que jamais !

 marclaferrireparboss1.bmpQui aurait l’idée en musique dite classique, de considérer comme ringards des musiciens jouant Vivaldi, Bach ou Chopin pour n’encenser que ceux qui ont choisi la musique contemporaine, Honegger, Dutilleux ou Boulez ?

eulry1.jpg Nous pouvons passer une annonce si tu veux, je suis sûr que nous aurons des réponses. A ceux qui ne te connaitraient pas encore, je peux garantir que ton propos ne cache aucun sectarisme .Tu écoutes tout volontiers, et tu aimes aussi bien les messengers que Grieg ou John Coltrane… Quant à ceux qui te connaissent, ils sont certainement heureux de constater que ton énergie est intacte.

 marclaferrireparboss1.bmpEn tous cas, je n’ai pas constaté ces faits déplorables dans des pays tels que la Suisse, l’Allemagne ou même les U.S.A… c’est navrant, terriblement réducteur et cela m’agace beaucoup ! Je ne cherche pas à dénigrer les autres formes, je pense simplement qu’il serait temps de ne pas faire remonter la naissance du jazz à Charly Parker ( que j’admire profondément, même si j’y ai mis le temps ! ), et de respecter dans les « hautes sphères », l’époque et les créateurs de cette musique comme Louis Armstrong, Jelly Roll Morton, J.P. Jonhson, Sidney Bechet, Fats Waller et tant d’autres !  En méprisant cette musique et ses musiciens, c’est le public que l’on méprise : moi, je m’en moque, j’ai trouvé le mien, mais quel courage il faut aux jeunes nombreux et talentueux qui jouent cette musique pour communiquer leur bonheur dans un tel climat !

eulry1.jpg Tu penses à eux comme tu l’as d’ailleurs toujours fait, comme récent ancien jeune, je peux en attester; par exemple, le disque que j’ai pu enregistrer clarinetconnection dans musique  avec toi dans les années quatre-vingt dix a contribué à me légitimer. Mais pour en revenir aux jeunes musiciens qui essaient de faire partager cette musique en 2010, il faut dire que, jusque vers 1975, il y a eu un âge d’or, pendant lequel il semblait trompeusement que la fête serait éternelle. bigbandlaferrire                  marcslowclubrouge                    

 Du coup, la génération de musiciens dont tu fais partie n’a pas assuré ses arrières ni ceux de la musique qu’elle défendait, elle n’a pas transmis aux jeunes, très égoïstement. Dans ce que tu déplores plus haut, les musiciens de ta génération ont donc leur part de responsabilité. Le fait que tu sois un des rares à qui l’ont ne peut pas faire ce reproche, fait rêver d’une situation qui eut été différente, si tous tes frères d’armes avaient eu ton attitude… mais voilà, maintenant que proposer aux jeunes qui veulent jouer cette musique en public ?

marclaferrireparboss1.bmp  Ce qui est sûr c’est qu’ils ne seront pas sauvés par les « Ecoles de Jazz », splendides mystifications, car le talent ne s’apprend pas, et le jazz encore moins : il se vit .

eulry1.jpg Vous l’avez compris c’est dans la simplicité de cette réponse que tient son épaisseur, elle n’est pas de l’ordre du concept . Il faut aller écouter jouer Marc Laferrière pour comprendre qu’il sait de quoi il parle, et pour rencontrer ce qu’il entend par : « il se vit. » !

MARC  LAFERRIERE VU PAR BOSS       marclaferrireparboss1.bmp                              www.marclaferriere.com    marcsoufflant

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ENTREVUE AVEC RENAUD PATIGNY

Posté par Fabrice Eulry le 18 septembre 2009

   Renaud Patigny est un des pianistes les plus populaires de Belgique.

   Depuis presque trente années, il joue partout où on l’appelle, à Paris, aux Etats-unis, en Italie et bien sûr, dans la patrie d’Hergé. Admirateur des pionniers afro-américains du blues et du boogie-woogie il a également composé une série de ragtimes, musique qu’il maîtrise et sait orchestrer. Son compagnon de route le batteur Bob Dartsch, très demandé dans la variété, où l’on a d’autant plus besoin de vrais musiciens qu’il faut compenser la nullité des escrocs, est lui aussi un Bruxellois au délicieux accent, et affiche avec Renaud Patigny vingt cinq ans de complicité, que leurs évolutions parallèles dans le monde du blues devait forcément provoquer.

   Vous passeriez un moment unique dans les coulisses, avant d’entrer sur scène avec ces deux Belges, ils tuent votre trac en vous parlant… de bande dessinée bien sûr !ENTREVUE AVEC RENAUD PATIGNY dans musique pat%20au%20crossroad%205%20sept%2004    RENAUD PATIGNY 

F.E.- Renaud ce qui étonne lorsque l’on te croise à Bruxelles c’est ton activité, tous les projets que tu mènes de front, ta maison semble être un quartier général, où des gens affairés passent et reçoivent tes consignes, quant à toi, jamais avare de ta peine tu es du jour et de la nuit.

RENAUD PATIGNY- Je suis assez écoeuré par la bêtise d’une série de personnes dans le monde des médias et des producteurs de spectacle.

On dirait franchement qu’ils n’ont aucun intérêt pour leur propre métier. Ils m’ont obligé à m’improviser organisateur – producteur – attaché de presse – graphiste – photographe.

 tritonsdance.jpg  Tritons dance : un album très personnel autoproduit par Renaud Patigny.

 Heureusement, à force de ténacité on finit par obtenir des résultats même parfois étonnants. Arriver à créer de toutes pièces des évènements d’une ampleur certaine, sans avoir derrière soi les machines de guerre que possèdent certains producteurs, ça tient du miracle. Et c’est ce que j’ai vécu.

F.E.- Voilà des propos qui peuvent intéresser beaucoup d’artistes isolés; mais l’énergie suffit-elle ?

RENAUD PATIGNY- La réussite a tenu à ce que j’ai su remplacer les moyens matériels par des idées, et puis mon chemin a croisé celui de gens merveilleux, qui même sans avoir de pouvoir ou de relations, m’ont beaucoup aidé en offrant de leur temps, de leur gentillesse.

F.E.- Oui le couplet sur les « gens merveilleux » c’est aussi ta modestie. Il ne faut pas minimiser tes mérites, ton courage.

RENAUD PATIGNY- C’est à dire qu’en tenant le coup malgré les obstacles importants engendrés par la bêtise incommensurable d’un certain genre, hélas trop répandu de journalistes, à la longue, après ces années de combat (oui, le mot n’est pas exagéré, il s’agit bien d’un combat) j’ai rencontré des gens à l’esprit ouvert, des gens qui malgré toute la grisaille de ce monde pitoyable et impitoyable, restent enthousiastes, sensibles, intelligents et osent encore rêver. Puis enfin, j’en ai même rencontré qui ont leur mot à dire. Ca m’a donné un formidable coup de fouet.

  page20daccueil2.jpg Boogie-woogie à l’affiche …      genevievedartevelle.jpg … avec parfois, Geniève Dartevelle

Et toutes ces énergies mises ensemble ont donné au bout du compte une chose rare : de grandes scènes consacrées aux styles du jazz des origines, pour de vrais concerts avec de bons musiciens devant des salles pleines. Bref, le rêve qui s’accomplit.

F.E.- Certes mais il y des échecs. Au Cirque royal l’année dernière le public (à Bruxelles l’équivalent de l’Olympia à Paris) n’était pas au rendez-vous. Je précise cela non par cruauté, mais pour que ceux qui lisent comprennent que rien n’est jamais gagné, que faute de relais, tu dois tout recommencer à zéro chaque fois !  

RENAUD PATIGNY- Oui j’y ai laissé des plumes mais je me suis relevé parce que la musique que je défends en vaut réellement la peine. Je suis parti simplement du principe que si j’ai été tellement bouleversé par la voix de Bessie Smith, par le son de Bix Beiderbecke, le swing des orchestres des années 1920, etc, il y a des chances que d’autres ressentent également ce frisson.

   Or les émotions que toute cette musique a produit en moi sont si profondes et fortes, que j’étais persuadé envers et contre toute la planète des cons, et Dieu sait si elle est énoooorme…

F.E.- Il s’agit plutôt, d’une galaxie.

RENAUD PATIGNY - J’étais persuadé que malgré eux, quelque chose allait se passer, que j’aurais la force d’aller loin, ou de tenter de le faire.

   Et puis ce n’est pas de ma petite force personnelle qu’il s’agit mais de l’impact de ces styles musicaux magiques qui est resté inchangé un siècle plus tard : il suffit de voir à quel point des enfants réagissent avec enthousiasme lors de concerts de ces styles pour comprendre immédiatement qu’il n’est pas encore temps de tourner la page, et d’ailleurs je pense que le jazz des origines est peut être même plus moderne, plus innovant que le « jazz moderne » et la plupart des styles musicaux prétendus actuels.

F.E.- Bien sûr « musique actuelles » c’est un slogan commercial, toute la musique est actuelle. 

bob.jpg Bob Dartsch accompagne régulièrement Renaud Patigny avec le même talent qu’il su a déployer auprès des trois quarts de ceux qui font du blues sur la planète. Il a même enregistré avec Plastic Bertrand, touchant la somme de 500 francs français de 1977 pour être le batteur de Ca plane pour moi).

RENAUD PATIGNY- Ma conviction personnelle est qu’il s’est passé quelque chose d’exceptionnel dans les années 1920 en Amérique, les Afro-Américains mélangés à la culture musicale des blancs ont créé un genre qui pour moi est intemporel, unique. Hélas très peu de musiciens sont capables de le comprendre et de l’interpréter valablement, toi oui Fabrice ! C’est pas pour te jeter des fleurs mais c’est un fait.

F.E. Pardon mais pour moi, les styles ça n’existe pas, il y a des cultures c’est vrai, mais il y a surtout des bons et des mauvais musiciens. Et ce n’est jamais définitif; si un soir je ne suis pas « dedans » je passe dans le camp des mauvais, et je rentre chez moi miné.

RENAUD PATIGNY – En tout cas les musiques nées à cette époque ont hélàs été par la suite massacrées, je pense qu’elles méritaient mieux. Voilà, mais je dois courir, j’ai encore tant de trucs à faire ce soir, c’est épuisant, je dois même jouer du piano !!!

Vous pouvez visiter le site de Renaud Patigny sur :

www.88boogie.com 

Et visionner le final du festival qu’il organise :

http://www.youtube.com/watch?v=RG47-9bvDgo    festbruss.jpg

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ENTREVUE AVEC CARL SCHLOSSER

Posté par Fabrice Eulry le 17 août 2009

                                         ENTREVUE AVEC CARL SCHLOSSER

 

 Nous nous connaissons depuis 1987 lors d’une épreuve terrible, engagés pour une tournée estivale par un chanteur tyrannique et déséquilibré. Dans la difficulté nous avons vite appris à nous apprécier et nous entraider.Né le 3 décembre 1963, Carl Schlösser flûtiste saxophoniste et surtout catalyseur d’émotions, a bien voulu que j’écrive notre échange, pour le Canard du pianiste, pour vous        ENTREVUE AVEC CARL SCHLOSSER dans musique carlcarl dans musiquecarlcarlcarl

 carltenor1 A 14 ans, je cherchais à jouer avec des gens. Pour moi c’était ça la musique et non les cours du conservatoire qui consistaient à jouer les partitions de la méthode de flûte traversière devant mon professeur. La première réponse que j’ai donnéé a été l’achat d’une guitare électrique. J’ai fait du rock, je me suis enfermé dans ma chambre, mon père était furax ! Mais à 15 ans mes parents m’ont inscrit à l’IACP. C’était l’école de jazz la plus médiatisée, ils pensaient bien faire.

 eulry11.jpg On y prônait la négation de toute tradition.

 carltenor1 Certes il y régnait aussi un caporalisme qui contredisait l’appellation «free» jazz qu’on y revendiquait. J’ai un bon souvenir du directeur Alan Silva et son big band. «Celestrian communication orchestra» mais quand on m’a confié de relayer les profs de flûte qui avaient trop d’élèves et que j’ai eu le malheur de montrer ce qu’était un blues, on m’a prit à part «C’est pas ce qu’on enseigne ici.». Alors en 1982 je suis parti.

eulry11.jpg Entre-temps, avec Pierre Faure, Serge Adam Philippe Selam, Jacques Marugg tu avais co-fondé «Quoi de neuf docteur ?» Orchestre de 10 musiciens. La musique était entraînante.

carltenor1 Oui au début mais en 1987 quand ça a pris une tournure « musique improvisée européenne » on s’est retrouvé avec des partitions sur scène. Ca manquait de spontanéité. J’ai arrêté. Entre temps j’avais aussi tourné à trois flûtistes avec Pierre Faure, et Earldridge Hansberry.carlflute.jpg

eulry11.jpg Est-ce que ces formations tournaient beaucoup ?

carltenor1 Pas assez pour ne faire que ça, je donnais des cours à Sucy en Brie également pour subsister, avec plaisir d’ailleurs, j’aime partager. Comme je ne fait pas beaucoup de pédagogie j’y prends toujours plaisir. En 1987, suite à ta rencontre j’ai fondé X trio avec Jane X et un certain Fabrice Eulry. Un trio sans basse ni batterie mais avec un pianiste qui remplaçait avantageusement les deux ! Jane une chanteuse américaine avec une voix atypique et une grande connaissance du blues, de tous les blues. Nous avons beaucoup joué et il y a de merveilleux souvenirs. J’en ris encore quand tu me les remémores avec ta memoire de chameau.

eulry11.jpg Là encore cela ne suffisait pas pour vivre et quand Claude Bolling t’a offert de rentrer dans son orchestre X trio s’est arrêté tout naturellement.Tu m’as dit que tu étais trop jeune et que tu n’étais pas préparé pour encaisser la violence du monde de la variété en marge duquel Claude Bolling évoluait. Par son biais tu as joué avec des gens très populaires autour de qui la pression était grande Guy Marchand, Jerry Lewis, Ray Charles. Comment peux-tu expliquer aux lecteurs de ce site que la montée dans la notoriété ne s’apparente pas à une montée au paradis ?

carltenor1 Avec Bolling j’avais encore un bouclier, c’est quand mon nom est monté que j’ai été dans le malaise. J’aime l’intimité parce qu’on y trouve l’authenticité des rapports humains; c’est imcompatible avec ce tourbillon parisien dans lequel j’étais pris.

eulry11.jpg Début 1991 un technicien de Claude Bolling voulant devenir producteur te fit enregistrer ton premier disque sous ton nom : «Back to live» Ce fut aussi mon premier disque tout court puisque tu m’avais choisi comme pianiste.

backtolive.jpg backtolive.jpgbacktolive.jpgbacktolive.jpgbacktolive.jpgbacktolive.jpg … Le disque « Back to live » fut enregistré au Petit-Journal Montparnasse en janvier 1991. Le disque était double : le trio Colas tout d’abord avec Nicolas Montier, puis l’autre saxophoniste tenor, Carl Schlosser avec son quartet, puis un morceau tous ensemble en hommage au jeune contrebassiste Pascal Chebel qui aurait du enregistrer avec nous si le destin n’avait pas arrêté l’ascencion de ce contrebassiste que tout le monde commençait à s’arracher. Le soir de l’enregistrement, la salle était bondée. Le disque avait été bien promu, et pour une fois les journalistes s’étaient déplacés. Mais le drame pour le trio Colas fut la dissipation du public au début de la soirée, restauration oblige. Cet orchestre réenregistra donc, au Flamingo, bar éphémère de St Michel où l’on put cependant entendre des musiciens fabuleux, de François Rilhac à Patrick Saussois, entre 1990 et 1992.

carltenor1 Nous avons partagé ce disque avec le trio Colas de Nicolas Montier. Mon nouveau quartet comprenait aussi le batteur de Claude Bolling Vincent Cordelette. Hélas, quelques temps avant d’enregistrer, le contrebassiste Pascal Chebel mourru d’un accident de la route en rentrant de jouer avec nous.

eulry11.jpg Nous étions boulerversés en jouant pour lui à son enterrement.

carltenor1 Jean-Pierre Rebillard l’a remplacé. Et a fait un beau boulot. Nous avons beaucoup joué pour la danse au Caveau de La huchette, au Slow-club, j’invitais alors un autre saxophoniste, mon ami mon «frère»Philippe Chagne, nous jouillions du honky-tonk

.carletdany.jpg Carl Schlosser, au caveau de La Huchette avec Dany Doriz          .carlaffiche.jpg

 eulry11.jpg Ta recherche du Graal te poussa alors dans une autre direction, tu a largué cette vie en pleine prospérité. Ton étoile montait sans cesse, le saxo était à la mode, mais tu as tiré le rideau. Peux-tu expliquer quelle force motive une telle decision à ceux qui ne comprennent pas ce comportement qui peut leur sembler destructeur ? 

 carltenor1 Je voulais fuir ce côté scolaire, et j’étais impréparé à prendre autant de coups. Me prouver que j’étais capable de faire du bebop du hard bop, sachant pertinement que je n’en voulais pas, que c’était une autre illusion, un académisme de plus. Au duc des lombards, je voulais aller jusqu’au bout de l’absurdité. J’ai souffert alors d’autres choses. La jalousie de musiciens allant voir le patron quand je jouais au Duc des lombards «C’est pas un club de blues ici».Moi je les enquiquinais «je joue avec Wild Bill Davis avec Ray Charles (mais les connaissent-ils ?!) Il y a eu aussi les directeurs de festival qui imposent les gens avec qui j’allais jouer, ceux qui ont mis deux ans à m’engager et qui ralent parce qu’entre temps mon projet musical a évolué. Mais tout ça n’est rien à côté de la sensation d’être un

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robot, mon jeu était devenu mécanique et je passais ma vie dans les transports, confronté à des gens qui vous reçoivent dans des festivals trop gros en ne vous parlant que des autres artistes qu’ils ont programmé et dont la présence prestigieuse les valorise (c’est à dire qu’ils ne vous parlent que d’eux-mêmes ) : «on a eu untel» «on a fait untel» «c’était géant» qu’est-ce qu’il en savent ? Forcément une « tête d’affiche » chez eux, ça ne peut-être que géant.

Un jour après un gros festival, je suis rentré chez moi miné, j’ai décidé de répondre à chaque proposition que je n’étais pas libre et je n’ai fait que quelques concerts avec des gens de confiance, avec qui je savais que ce serait magique.

eulry11.jpg Et tu as fait de la prise de son chez toi.

carltenor1 Les musiciens se sont précipités pour enregistrer chez moi.J’ignorais que cela me permettrait de vivre dans l’aisance si vite. J’ai surtout vu le recul que cela me donnerait. J’entendais tout et quand je pouvais me le permettre je faisais des remarques et peu à peu, avec la confiance des musiciens, je glissais un peu vers le rôle de réalisateur.carl1.jpg

eulry11.jpg Tu avais de la crédibilité !

carltenor1 Avec ceux qui m’appréciaient, ça faisait la sélection naturellement !

eulry11.jpg C’était vers 1995. Tu restais dans la pratique instrumentale cependant. J’ai pu te convaincre de monter sur scène pour une de mes premières «Nuits du Ragtime» nous avons joué une réduction pour piano et flûte de la suite américaine de Julien Porret : exécution et enregistrement inédits ! En 1995 tu as fais du cirque avec le pianiste Franck Jacquart, huit ans après notre rencontre pour une tournée estivale dans des caravanes c’était un retour aux sources. Tu parlais de ce nouveau projet comme d’un rêve et vous l’avez vécu comme tel.

carltenor1 J’ai écrit alors la musique d’un spectacle qui s’appelait amor et captus et je suis parti faire du cirque ! Je voulais partager la musique avec d’autres disciplines artistiques et ne plus jouer dans les clubs.

eulry11.jpg Un phénomène sociologique dont internet n’est pas la seule cause, a fait qu’au début des années 2000 beaucoup de gens, dont des musiciens, ont déserté Paris. Tu en as a fait partie sans regret toi, qui est pourtant parisien… En venant dans cette région (Saintes),  j’ai constaté qu’il y a un beau réseau de gens actifs et bienfaisants. Des musiciens comme Michel Boudjéma, Jean Dufour, l’abbé Fougerai, des mécènes comme Brigitte et Christian Doublé qui ont même réussi à faire venir Monty Alexander qui est tombé amoureux de la région. Et à Vaux sur mer tu as réussi à créer un festival qui dure en surmontant les inerties administratives.

carllagamine.jpg Ecoutez et regardez Carl improviser sur sa composition La gamine : http://www.youtube.com/watch?v=H1SrJyXthMs

carltenor1 Je suis en train de réaliser que je marche à l’instinct et que c’est cet instinct qui me donne la force d’enchaîner des choses aussi différentes.

    Mais quand il les a posées je travaille de façon cartésienne. carlescaleier Je ne peux faire de plan de carrière, je ne suis pas un homme de hiérarchie, de concepts, mais de terrain. Je ne peux pas dessiner moi-même de trame, mais je peux m’approprier celle qu’on me propose et la conjuguer à mon goût.

eulry11.jpg A bon entendeur, à bon lecteur.

carltenor1 Oui je trouve plus jouissif de dire «Qu’est-ce qui vous faudrait ?» que de présenter un projet clé en main en bon vendeur. Au bout du compte je fais ma chose de la responsabilité qu’on me confie. Si on me la confie c’est qu’on me fait confiance !

Voici son site : www.myspace.com/carlschlosser

Regardons Carl Schlosser interprèter Georgia on my mind : http://www.youtube.com/watchv=omtNPEgc1bM

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ENTREVUE AVEC MARGAIT

Posté par Fabrice Eulry le 13 juillet 2009

Margaït, compositrice pianiste et chanteuse parisienne, nous fait partager sa passion :

F.E.Quel a été la rencontre musicale la plus déterminante ?

                                                                      ENTREVUE AVEC MARGAIT dans musique margaitpianoPhoto: Tony Soulié

MARGAIT Astor Piazzolla est mon compositeur préféré depuis 30 ans, il est mon « Chopin », l’inspiration m’a été dictée, et je pense qu’elle constitue sans aucune prétention de ma part, une valeur ajoutée, à son œuvre. En écoutant la première fois le « Tango Diablo », je fus immédiatement saisie et séduite par cette musique, j’ai senti l’écho en moi en parfaite adéquation avec elle … cette résonance évidente ne m’a jamais plus quittée.  J’ai écrit mon premier texte sur le Libertango en 1989, 6 autres  suivront. J’ai toujours incorporé à mes prestations ce morceau de Piazzolla et depuis 2005, je lui rends hommage en ne chantant que son répertoire avec différentes formations, du solo piano-voix au big-band, et dans différents cabarets : Petit-Journal Montparnasse, Baiser Salé, à Palombara (Rome… ).   

 margaitrome1.jpg MARGAIT à ROME

 margaitbigbandchristophevaudou1.jpg MARGAIT AU PIANO CONDUIT UNE GRANDE FORMATION AU PETIT-JOURNAL MONTPARNASSE

F.E.Comment servir la musique d’Astor Piazzolla ?

MARGAIT - J’aime faire connaître sa musique dans tous les sens de terme et avec tous ses états d’âme aussi bien :

- révolutionnaire, (Libertango, Violantango … )

- poétique, ( Pajaros perdidos, Oblivion… )

- spirituel, ( Ave Maria, Milonga, Muerte, Resurreccion del Angel …

- cinématographique, ( Il pleut sur Santiago, Vuelvo el Sur … ) Sur la musique : « Il pleut sur Santiago », J’ai écrit à Astor qu’avec sa musique, je l’emmènerai au bout du monde… Porter avec lui un message humanitaire d’Amour et de Paix fait partie intégrante du projet musical de ma vie. 

F.E. Tout cela s’est également traduit par des voyages.

MARGAIT  - A New-York où j’ai séjourné…

margaitherbiehancock dans musique Margait à New-York où elle rencontre Herbie Hancock.

 …ainsi qu’à Buenos-Aires où, en Novembre 2008, j‘ai rencontré Amélita Baltar, compagne et Chanteuse d’Astor Piazzola. J’y ai donné un concert en hommage à Piazzolla au Club « Morocho del Arrabal », également rencontré avec Carla Puglièse pour laquelle j’ai écrit des paroles sur 2 de ses compositions.  maragaitchante.jpg

F.E. Que suggérer à ceux qui disent que les mots ne sont pas nécessaires à la musique d’Astor Piazzolla, qu’elle se suffit à elle-même ?

MARGAIT - Je suis une branche supplémentaire de l’arbre Astor Piazzolla !

F.E. Mais pas seulement ! Pour découvrir tous les jardins que Margaït cultive, visitons :

www.margait-prigent.com/
www.myspace.com/margait
www.facebook.com/margait.prigent

 margaitlutherallison  MARGAÎT A PARIS AVEC LUTHER ALLISON

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ELOGE FUNEBRE D’UN GRAND MUSICIEN

Posté par Fabrice Eulry le 12 juillet 2009

 La disparition de Jean-Claude Naude, début 2008, fut douloureuse, et la cérémonie pesante comme les épreuves qui jusqu’au bout, marquèrent sa vie. Officier à l’harmonium de l’église de Chalo St Mars avec Francis Darizcuren improvisant au violon, m’offrit un des seuls moments de répit dans cet accablement. Il y en eu un autre, lorsque le batteur et compagnon de route de Jean-Claude Naude, Yves Legrand, prononça le discours que je vous livre intégralement, car au-delà de l’éloge, il nous restitue la condition d’un grand musicien français à travers la deuxième moitié du XXème siècle. F.E.


  Mon cher Jean Claude, mes amis « On ne se méfie jamais assez des mots » C’est ce qu’a écrit Céline, ton auteur préféré, dans son Voyage au bout de la nuit. Aussi vais-je rester sur mes gardes. Qui d’entre nous ne s’est jamais plaint d’un genou qui craque, d’une vertèbre qui s’égare ou du mauvais temps qui perdure ? C’est si habituel dans notre langage quotidien que l’on n’y fait plus guère attention. Il y en a même parmi nous, je suis de ceux-là, qui aiment à philosopher longuement sur l’impuissance humaine à juguler le torrent destructeur du temps. Et dans ce cas précis, nous  ne manquons pas de mots pour alimenter nos jérémiades. Mais, lorsque avec une soudaineté impitoyable, la Camarde ainsi que la nommait Brassens, nous prive d’un compagnon aimant et attentif, d’un ami fidèle et attentionné, d’un homme exigeant dans ses formes de pensées, d’un artiste inspiré et protéiforme, pétri d’humour et fin connaisseur des plaisirs de la vie…  tout bascule : les uns hurlent leur douleur, crient à l’injustice, accusent autrui des circonstances fatales qui ont précipité les choses…avec de pauvres arguments vite noyés sous un flot de larmes. D’autres ne disent rien. Un grand vide s’est fait en eux, asséchant leur esprit, bloquant leur parole. Seul le cœur leur dicte la conduite à tenir. Le mien a ouvert en grand les portes de ma mémoire et m’a conseillé de parler, de parler de toi.

  Avec ta modestie coutumière, mon cher Jean Claude, je suis prêt à parier que tu ne te reconnais pas dans ce compagnon, cet ami ou cet homme si riche de qualités. Il m’appartient donc de t’en apporter quelques preuves. Une simple plongée dans le coffre bien rempli de mes anciennes émotions, suffira à faire réapparaître ces épisodes marquants qui ont scelés notre amitié. Te souviens-tu d’un poème que je t’avais dédié, comme tant d’autres écrits censés agrémenter tes anniversaires ? Oui je le pense car cela te permettait parfois de minorer mes prétentions de scribouillard.

Il y était question d’un roi peu ordinaire. En voici un extrait.

Il est des Rois sans équipage,

De bien plus nobles que sang bleu,

Qui façonnent de belles pages,

Mais dont l’Histoire se soucie peu.

Je sais un Roi pour moi unique,

Qui n’a ni trône ni sujet,

Pas de couronne mirifique,

Et que n’honore aucuns hauts faits…

Pardonne-moi ce minimalisme Jean Claude. La quête de la rime parfaite m’avait conduit à falsifier la vérité. Pas de couronne mirifique, certes, mais des hauts faits, je peux en citer au moins cinq auxquels j’ai glorieusement participé. Dans la fièvre et avec un si fol enthousiasme. Souviens-toi :

- De ton premier concert de Jazz avec ton Big Band façon Count Basie. En public et enregistré par l’ORTF.

- Du premier disque de ton Big Band, titré: « Enfin ». ELOGE FUNEBRE D'UN GRAND MUSICIEN dans musique jcnaudeenfinjpg

Uniquement des compositions signées et orchestrées par toi. Avec en prime, des séances de studio inoubliables.

- De ta première émission télévisée avec le Big Band, pour Jean Christophe Averty.

- De ta première participation, avec ce même Big Band, au Festival de Jazz d’Antibes. Un fabuleux coup de poing dans le Jazz français, comme l’avaient écrit certains journalistes.jcnaudefestantibes dans musique

Jean-Claude NAUDE à la trompette avec son grand orchestre à Antibes en 1967 (excellente photo de Dominique Wolf). Remarquons l’absence de sonorisation (les micros que vous voyez sont là pour enregistrer) et donc l’absence de retours et autres prothèses : ce n’est pas de la musique de bidons, il faut jouer pour de bon ! Autre remarque : Jean-Claude NAUDE n’a pas mis ses initiales sur chaque pupitre, mais a eu la générosité et la patience, d’afficher le nom de chaque musicien, à la main, devant chacun, c’est la première fois que je vois un chef d’orchestre faire ça ! [NDFE] Yves Legrand est à la batterie en arrière-plan : je lui laisse de nouveau la parole :

... De ta première musique de film. Soixante musiciens et solistes interprétant un florilège de styles musicaux d’où émanait une grande force évocatrice. Ma comptabilité s’arrêtera là, car la multiplication de tes « Premières » dépasse mes capacités de mémorisation. Oh oui! Ce furent des moments bénis, exceptionnels et insouciants. Dieu que c’était merveilleux de ressentir au fond de soi, les pulsations et les vibrations qui, à l’unisson de ma batterie, provenaient des cœurs de tant de musiciens passionnés. Tu étais le créateur, l’ordonnateur et l’organisateur de nos orgies musicales. Et pour ce faire, tu t’enfermais des jours durant dans la pénombre enfumée de ta chambre à Jazz, burinant, modelant sans relâche, des compositions qui transcendaient l’orchestre et le public.

jeanclaudenaudespecialblend.jpg Special blend (1971) un disque du fameux orchestre de Jean-Claude Naude . Ce n’est pas faute de l’avoir aimé, comme l’indique le premier titre, mais c’est hors de France que la réputation de ce grand orchestre a le plus fait des siennes.

01 – Allez France
02 – Stick
03 – Pas de loup
04 – Blue Frog
05 – En voiture Gilberte
06 – Un canard laque
07 – Special Blend
08 – Flute en chantier
09 – Rainy Day
10 – Quarte en quarte
 

   Ta jeune expérience de trompettiste dans les caves du quartier Latin, t’avait apprise que le Jazz se passe fort bien de décorum. Que cette musique venue d’ailleurs était une alchimie dont la forme modale, la ligne mélodique, l’harmonie et le rythme, faisaient naître une flamme qui réchauffait les âmes en errance. A cette époque, Saint Germain en regorgeait.  Certains soirs, sous l’impétuosité de ton souffle alors inépuisable, tu impulsais à ta trompette une force phénoménale. Et à l’exemple de tes lointains confrères de Jéricho, tu faisais chuter des murs de solitude tout en offrant aux rats des caves, des brasiers de chaleur humaine.

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    Hélas, aussi éclatante que soit la flamme de ces feux éphémères, cela ne suffisait pas à faire vivre ta famille. Et pour ne rien arranger, nous avions toi et moi des estomacs insatiables. Nous nous sommes donc résolu à intégrer un monde de paillettes et de strass. Là où la douteuse complaisance flirtait avec l’indigeste compromis. Nos chemins prirent alors des directions différentes. Pas notre amitié, fort heureusement. De loin en loin, chacun de nous savait ce que l’autre, l’ami, le frère, faisait de sa vie. Ereintante et contraignante fut la tienne. Famille nombreuse et travail excessif ne font pas bon ménage. J’en mesurerai moi-même et à mon grand désarroi, les effets négatifs. Etranges destinées que les nôtres. Elles se voulaient parallèles, elles devinrent tangentielles. De quoi rendre perplexe un géomètre pointilleux.     Peu nous importait alors que nos vies tanguent ou se disloquent. La musique nous prodiguait argent, succès et notoriété. Toi tu passais de ton obscure chambre d’écriture à l’aveuglante clarté des projecteurs, avec l’aisance d’un Dieu Hadès mâtiné de Vulcain. Moi je réitérais les exploits d’Ulysse, visitant maints pays, vivant des aventures pittoresques et des rencontres improbables.

Comme tout semblait aller de soi durant ces années-là.

 jcnaudenoforever Le disque New-Orleans forever du Septet de Jean-Claude Naude.

 Jusqu’au jour funeste où, balayés par un Tsunami moderniste qui dévasta par vagues successives ce métier que nous aimions tant, nous nous sommes retrouvés naufragés et meurtris sur les ruines de notre jeune passé. Années grises et noires. Le choix était mince et l’adversité tenace. Ensemble nous irons vers un Canossa mercantilisé, vendre n’importe quoi pour tenter de survivre. Vaines tentatives qui n’auront pas raison de notre attachement envers la musique. Mais en plaçant Martine sur ta route, le destin fut pour toi plus accommodant. Femme providentielle, elle t’aida à surmonter tes épreuves. T’insuffla une nouvelle énergie pour poursuivre tes études pianistiques, abandonnées dans l’adolescence au profit de ta trompette. Or depuis quelque temps déjà, tu ne pouvais plus l’emboucher à cause de problèmes orthodontiques

.mainsjcnaude Certes, mais avec des mains trapues qui savent toujours où elles vont, au service une harmonisation impeccable, la reconversion fut exemplaire. [NDFE]

Le cœur en loques ne s’émeut plus,

Mais bat encore pour ceux qui sèment,

En nos sillons de cuir fourbu,

Graines d’amour ou plants de haine.

Martine deviendra peu à peu ton âme sœur, ton égérie, l’épicentre de ton existence. Elle fut à l’origine de nos retrouvailles et de haltes chaleureuses, que ta générosité ennoblissait et qui me permirent de garder la tête hors de l’eau. En ces temps perturbés, ne pas couler à pic tenait du prodige quotidien. Et ce prodige portait l’estampille de vos noms entrelacés.

Qu’il fut bon être ton ami,

Et celui de ta belle de cœur,

Car vos deux âmes réunies

Etaient une source de bonheur.

La vie est une fieffée garce.

Les mécréants que toi et moi nous avons toujours été, viennent d’être brutalement rappelés aux tragiques réalités humaines. La musique, à l’inverse des croyances égyptiennes qui t’interpellaient parce qu’elles s’inscrivaient dans une souveraine immortalité, la musique disais-je, ne confère pas, hélas, la vie éternelle aux musiciens. Tout juste une postérité cinquantenaire entretenue par la sacro-Sainte Sacem. Et nous voici maintenant tous réunis autour de toi, compagne, enfants et amis, la tête pleine de regrets et le cœur déchiré. Que de choses aurions-nous pu encore partager ensemble. Pourquoi n’avons-nous pas fait ceci ou cela pour te faire plaisir? Pourquoi est-ce toi qui part et pas moi, qui vit seul et sans avenir?

Bref, l’injustice suprême.

S’il est des Rois sans équipage,

De bien plus nobles que sang bleu,

Tu fus Jean Claude et sans partage,

Un Roi solaire, hôte fabuleux.                                   jcnaudeetampes1

  Je veux croire que tous ici, nous nous efforcerons de garder de toi mille souvenirs fugitifs mais à prolongement durable. Oui…J’imagine que cette opposition de sens t’aura fait sourire. Toi-même tu n’en étais pas avare. Saches que nous aurons à cœur de raconter à nos proches combien tu étais unique. Par ton talent, par ta personnalité attachante, par ton humanité cachée sous un regard parfois frondeur et derrière tes facéties de carabin. Le gaulois que tu étais, furieusement contestataire et râleur comme il se doit, abritait en son sein le druide d’une religion du bon vivre. Je tenterai de la perpétuer. Mais je ne te cacherai pas Jean Claude, que sans ta présence, j’aurai grand peine à en dire la messe. Voilà…Voila ce que je tenais à te dire, mon ami. Ah! J’allais oublier. J’espère que tu n’estimes pas t’être débarrassé à jamais de ma grande carcasse et de mon humour douteux. Nous nous retrouverons, Jean Claude. Tôt ou tard, là où tu es. A moins que…Oui à moins que Saint Pierre t’ait réservé une place particulière, pour ne pas dire privilégiée. Prés, tout prés des maîtres de la musique, au coude à coude avec ces géants du jazz qui ont inspiré tes compositions les plus abouties. Nos amis musiciens venus te rendre hommage et moi même, aimerions tant t’écouter jouer aux côtés de Louis Armstrong, de Cotie William et de Rex Stewart, chez Duke Ellington ou Count Basie. Et pourquoi pas un quatre mains avec Jerry Roll Norton, Fats Waller, Errol Garner ou Oscar Peterson ,

naudeportrait.jpg  Nous sommes déjà impatients d’entendre le méga concert céleste que vous ne manquerez pas d’organiser pour nous. Du moins pour ceux dont les oreilles sont encore intactes. Comme tu le vois, tu as du travail en perspective. En attendant ce jour fastueux, permets-moi Jean Claude, de saluer en toi l’homme sans lequel le jeune musicien que j’étais, ne serait pas devenu ce qu’il fut. Et pour conclure cette avalanche de mots, j’emploierai les seuls qui puissent quelque peu adoucir notre séparation.

Ils sont simples et beaux.

Ce n’est qu’un au revoir, mon frère… Oui, ce n’est qu’un au revoir…

Yves Legrand

   Une oeuvre de 16 minutes composée par Jean-Claude Naude est visionnable sur la chaîne dailymotion : « Tell me a Jazz Story » : vidéo du concert d’automne de l’Harmonie Nautique
avec le Geneva Brass Quintet Victoria Hall à Genève, Suisse, le 29 novembre 2009.

  La vidéo est barbante (caméras fixes), et la prise de son est manifestement celle des caméras, mais merci aux élégants collègues genevois de leur travail, qui rend bien compte de l’écriture corsée du maître qui savait faire sonner les cuivres !

 En ouvrant le site , c’est Jean-Claude Naude http://www.jeanclaude-naude.fr/   lui-même que l’on entend dans Plein coeur, une de ses délicieuses compositions, et là, si vous voulez entendre un son de trompette qui vous fasse frissonner… F.E. jcnaudetp

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